
J’entasse depuis toujours des milliers d’objets dans ma tête.
Je souffre du syndrome de Diogène.
Il y a des billets de concerts de rock des années 2000 déposés dans une boîte à chaussures, des bouteilles de vodka gisent sur le sol, évoquant de vieilles soirées entre amis.
Des dessins offerts par cette fille qui dessine.
Des poèmes écrits à l’encre rouge, des livres de Beigbeder, des cahiers de vacances.
Des partitions de musique juste à côté d’une guitare remplie de stickers.
Une quinzaine de paires de Nike.
L'armoire déborde de baggy, des sweats à capuche et des t-shirts de groupes de punk.
Sur le miroir, accrochés des articles remémorant les gréves "anti FIllon" de 2005, souvenirs d'une revolte adolescente non apaisée.
Des planches de skate cassées en deux.
Des agendas de lycéen remplis de petits mots, de gribouillages, de devoirs jamais faits.
La couverture bleue que j’avais quand j’étais petit, avec les bouts qui piquent, recouvre l’ancien canapé de mes parents, sur lequel je jouais au catch avec mon grand frère.
Le vélo qu’utilisait ma mère chaque matin pour aller travailler est en train de rouiller dans un coin.
Dans une boîte à bijoux, des centaines de bracelets en perles et en tissu de festivals, enroulés autour d’aiguilles de machine à tatouer.
Les murs sont recouverts d’affiches de Dawson, How I Met Your Mother et de Dan Carter.
Le DVD de Linkin Park « Live in Texas » sert désormais à caler le pied d’une vieille table de nuit, sur laquelle reposent 36 calendriers où des dates sont surlignées.
Le tiroir est rempli de lettres d’amour.
Sous le lit défait, des bouteilles d'eau vides et des monstres qui hantent les nuits.
De l'autre coté, bien caché, une boite en bois, cachant des feuilles slim, un briquet et quelques bout de shit.
Des bulletins scolaires mentionnant « avertissement travail et discipline » sont encadrés, comme pour glorifier la médiocrité.
Il reste un bout de sandwich beurre/sucre/Banania, préparé par ma grand-mère, dans le frigo.
Un vieil ordinateur est posé sur le bureau, vibrant encore aux bruits des « wizz » de MSN.
En fond d'écran, cousin Hub', SaÏd et Vinz.
Le clavier repose sur un sous-main, sur lequel mon père écrivait ses pense-bêtes, et sur lequel j’ai un jour écrit l’adresse MSN (le titre d’une chanson de Placebo) de celle qui deviendra ma première petite amie.
Dans la salle de bain, il y a deux brosses à dents, la poubelle est bourrée de boîtes de médicaments vides. Des gels douche remplient d'eau côtoient des bouteilles de parfum Viktor & Rolf.
Sur le paillasson : " essuyez-vous les pieds avant d'entrer, l'équilibre de la faune et la flore locale est précaire "
Sur la porte d'entrée coté exterieur " bienvenue, ne faites pas attention au désordre" et sur le coté intérieur "n'oubliez pas de laisser un peu de vous, ici rien ne se perd, tout se crée mais se transforme malheureseument avec le temps "
Si les murs pouvaient parler, ils vous diront surement qu'ici repose dans le chaos des souvenirs du passé qui structure le présent.
J’entasse depuis toujours des milliers d’objets dans ma tête.
Je souffre du syndrome de Diogène.
N'oubliez pas de tomber amoureux...
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Commentaires
<3
Ça ressemble de plus en plus à un potentiel futur livre qu’un cahier de brouillon ces pti textes 📝