Le bus

 

KM0 → KM3

Je suis seul dans ce bus… enfin, pas tout à fait. Mon frère est là, mes cousins, mes cousines aussi. Mes parents occupent les places de devant avec les autres adultes. Moi, je suis au fond, côte à côte avec mon frère. Les places du fond sont prisées en général. C’est pour les loubards, dit-on. Pourtant, ni lui ni moi n’en étions.

 

Nous allions faire une première pause à la maternelle. Les premiers petits potes montent à bord. Ils grimpent dans le bus et viennent nous rejoindre au fond. Ça se chamaille, ça joue au petit chef. C’est des petits potes.

 

 

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KM3 → KM10

Le bus se remplit un peu plus, et la famille des petits potes grandit en même temps que moi. Quelques arrêts inattendus jalonnent le trajet, comme celui du catéchisme, où l’on récupère un ami viré pour avoir mangé une cerise chez le voisin.

 

Les matchs de foot France/Maroc dans la cour de récré, le premier bisou dans le couloir de l’école primaire… Pendant ce temps, mes parents conduisent comme ils peuvent. Il n’est pas rare que je vienne à l’avant, que je tente d’attraper le volant, de changer la musique, de tirer le frein à main. Mes parents conduisent comme ils peuvent… et c’est déjà très bien.

 

 

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KM10 → KM16

L’ecole primaire est un arrêt important. La bas je vais commencer a apprendre comment sélectionner a l’entrée du bus, et l’importance qu’il aura pour moi. 

La bas je vais également apprendre qu’il y a des règles, que après « tu » il faut toujours un « s » qu’il y aura toujours quelqu’un pour décider a ma place, que je ne peux pas faire ce que je veux. J’apprends la géométrie et tout est beaucoup trop carré, alors je tourne en rond et me dis que tant π , un jour je prendrai la tangente pour un monde parallèle. 

 

Je commence la conduite accompagnée, j’essaye de choisir mon itinéraire. J’ai besoin de liberté. Mais je ne sais pas où je vais.

 

Mon père a du mal à me laisser conduire. Il n’a pas confiance, et il a raison. Souvent, je quitte la route des yeux pour regarder par la fenêtre.

 

Pour faire un bout de chemin, nous allons à la grande ville, au lycée. Là-bas, c’est l’histoire des premières fois. Je vous en parle souvent. Les écrans TV du bus diffusent American Pie et Friends. On charge quelques guitares pour jouer des reprises d’Oasis à l’arrière. On boit des bières, on fume des joints. Ma foi en l’amitié est devenue dogmatique

 

C’est le KM16.

 

 

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KM18 → KM20

Je conduis tout seul. J’ai enfin mon permis.

 

J’ai le volant du bus entre mes mains, la musique électronique résonne dans l’habitacle. Tout le monde est heureux. Mais d’un paysage de printemps, sans crier gare, je me perds dans la froideur de l’automne.

 

Je n’y vois plus à un centimètre. J’ai peur. Les petits potes du bus aussi. La route se rétrécit, je n’en vois pas le bout. Il y a une falaise à gauche… et une autre à droite. Arrêt forcé. Panne en plein désert.

 

Le moteur a surchauffé. Je n’ai pas écouté les consignes de sécurité. Me voilà perdu. Tout le monde est assis à son siège, ceinture attachée.

 

— « Ne bougez pas, je vais voir. »

 

Je sors du bus pour vérifier l’état du moteur. Il y a des larmes partout. J’essaye d’éponger, mais je n’y arrive pas.

 

Alors, tout le monde détache sa ceinture et vient à ma rescousse. Ensemble, nous parvenons à faire redémarrer le bus.

 

J’apprendrai plus tard qu’il y a un dysfonctionnement dans le moteur. Parfois, il accélère trop, parfois il patine. Parfois, il faut faire le plein de larmes. Parfois, de rires. Il faut juste ne pas se tromper à la pompe.

 

 

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KM20 → KM25

Je fais un arrêt au stade de rugby pour récupérer de nouveaux copains.

 

Le rugby m’apportera un bon paquet d’amis. Deux titres de champions régionaux sont d’ailleurs accrochés au fond du bus.

 

Les copains du rugby, c’est quelque chose.

Les déplacements.

Les sorties du vendredi soir après l’entraînement.

Les samedis en cellule de dégrisement.

Les afters au marché couvert.

 

Les copains du rugby, c’est quelque chose.

 

La musique électronique commence à résonner de plus en plus fort dans les enceintes.

 

 

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KM25 → KM30

Bordeaux, Toulouse, Paris.

Beaucoup de destinations pour remplir mon bus de rires.

 

Je vous déconseille Paris en bus. C’est génial pour faire grandir le groupe… mais c’est infernal pour circuler.

 

Je n’y suis pas resté longtemps, mais assez pour vivre de belles choses.

 

 

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KM30

Le bus se transformera, le temps d’une année, en avion.

 

Je vais traverser la terre.

Rencontrer le monde.

Écouter de belles histoires.

Agrandir le véhicule pour d’autres camarades.

 

— « Come on in, mates. »

 

Le sol du bus est rempli de sable. Il fait soleil.

 

 

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KM31 → KM36

Après KM30, on continue de remplir le bus.

 

On entame une tournée des festivals.

Paris, Andorre, Espagne.

Six kilomètres remplis de musique, de passion, de nouvelles rencontres.

 

De nouveaux copains à présenter à ceux qui sont déjà là.

 

Mais au bout de quatre kilomètres, le bus reprend l’allure d’un avion, le temps d’un aller-retour à l’autre bout du monde.

 

C’est aussi le temps des grandes décisions pour certains passagers.

Quelques mariages.

Puis des enfants qui commencent à remplir le fond du bus.

 

 

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Depuis le début du voyage, mon frère est devenu papa. Sa petite amie est devenue sa femme.

 

Mes cousins et cousines ont aussi fondé leurs familles.

 

Il y a une place particulière dans le bus pour eux.

 

Autour d’une table, d’un repas préparé par ma mère, avec Nadau en fond musical, ils ne savent pas où le bus se dirige. Pourtant, ils viennent souvent me voir à l’avant, pour savoir comment je vais.

 

Je ne parle pas des problèmes de moteur avec eux.

Sauf avec ma mère, qui s’y connaît un peu en mécanique…

Et mon père, qui a eu le même souci sur son minibus.

 

 

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Pendant tout ce voyage, j’ai été sûrement trop occupé à conduire.

À regarder le paysage.

À surveiller les problèmes de moteur.

 

Mais il y a une chose que j’ai oublié de faire.

 

Alors, maintenant que je suis là, posé sur le bord de la route au KM36, je regarde dans le rétroviseur…

 

Et je veux dire à tous les passagers du bus :

 

Vous êtes ma plus belle réussite.

 

Vous étiez là quand je me suis perdu.

Vous étiez là quand je me suis trouvé.

 

Si le chemin était à refaire, je referais le même.

Si je devais refaire une sélection à l’entrée du bus, je referais la même.

 

Merci de m’avoir aidé à remplir le réservoir de larmes et de rires.

Merci d’avoir accepté de monter dans ce bus.

Merci d’y être toujours.

 

Certains ont décidé de sauter en marche… mais leurs places restent réservées.

 

Je ne sais pas combien de kilomètres il nous reste.

 

Mais je reviens de chez le garagiste.

 

Le moteur fonctionne encore.

Mieux.

 

Grâce à vous.

 

N'oubliez pas de tomber amoureux de vos amis...

 

 

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Une première fois

Lui a 16 ans, c’est un timide extraverti. Il est tout et son contraire. Il aime être entouré mais aime aussi la solitude. En échec scolaire depuis plusieurs années, une rage invincible enflamme son ventre. Il est heureux mais ne trouve pas sa place dans ce monde. Il a 16 ans. Il trouve refuge dans ses sweats à capuche et ses écouteurs lui créent régulièrement une barrière avec le monde. Monde qu’il pense pouvoir changer. Il a 16 ans. Ce qu’il aime par-dessus tout c’est se sentir libre. Il trouve la liberté où il le peut, dans un pogo, dans une nuit passée à discuter et écouter de la musique, dans une feuille d’arbre virevoltant dans l’air de l’automne.

 

Elle a 15 ans. Introvertie, surdouée, elle comprend des choses sur le monde qu’elle ne devrait pas. Elle trouve refuge dans ses sweats à capuche, des habits de garçon, et ses écouteurs lui créent régulièrement une barrière avec le monde. Monde qu’elle sait impossible de changer. Elle a 15 ans. Elle a un regard bleu entouré de noir, comme ses états d’âme. Elle est petite et le poids de la vie sur ses épaules est immense. Elle aime la solitude, écrire, apprendre, écouter, construire et déconstruire.

 

Vendredi 23 octobre 2004, 21h

 

Lui accompagne son meilleur ami pour son repas de classe à la grande ville. Il découvre la vie nocturne et fait également connaissance avec de nouveaux amis. Il ne le sait pas encore, mais ils deviendront des amis pour la vie.

Elle fait la même chose de son côté. Puis à la croisée de deux chemins, leurs vies vont s’entremêler.

Lui la voit de l’autre côté de la route. Une route les sépare. Elle ne le remarque pas. Le meilleur ami décide de traverser cette fameuse route qui voit tant de gens se croiser, se percuter et parfois se perdre à jamais.

Faites attention sur la route.

Elle et Lui se rencontrent, grâce au meilleur ami, ils se font la bise. Il ne se passe rien de plus, Lui glacé par la vision de ce petit être, Elle perdue dans les méandres de ses pensées aléatoires.

La soirée ne se passa pas comme prévue pour Elle, due à un trop grand nombre de shooters.

Lui rentra chez son ami dormir, cependant il ne trouva pas le sommeil, il est tourmenté.

Il n’a de cesse de repenser à Elle.

Se demandant quelle était sa vie, pourquoi ce regard, pourquoi cet aura.

Au réveil, il inonda ses amis de questions pour en savoir plus sur Elle.

Mais c’est la douche froide : elle est en couple depuis plusieurs semaines avec un gars du lycée.

Elle se réveilla chez elle, seule, avec un gros mal de tête.

 

Il continue cependant à penser à elle, parfois.

 

Jeudi 18 novembre 2004, 16h54

 

« Elle est célibataire. Tiens son MSN : ****_*****@hotmail.fr / rajoute-la »

 

Voilà ce qu’il reçut par SMS de son meilleur ami.

Il hésita un moment avant de l’ajouter.

 

Dimanche 21 novembre 2004, 13h22

 

Il l’ajouta. Elle accepta dans la même journée. Au début, rien ne se passa. Les jours, puis les semaines passèrent et un jour, il vit dans son pseudo une référence au film Le Dîner de cons, passé la veille sur TF1. Film qu’il adore. Il hésita, encore, puis il lui envoya un message.

C’est fait.

La discussion est lancée.

La route est traversée, pour toujours.

S’ensuivent quelques discussions sur la musique, la vie, les rêves, les angoisses.

Ils décident de se voir au prochain repas de classe.

 

Vendredi 17 décembre 2004

 

Pour le repas de classe, il réserve une nuit d’hôtel avec un de ses potes. La liberté. Elle, finalement, n’a pas pu venir, car elle garda son petit frère. Il passa sa soirée animée entre déception et ivresse. Le lendemain, il décida de lui envoyer un message :

« Je suis en ville cet après-midi. Tu veux venir ? »

Le tout pour le tout. All-in.

La réponse tant attendue arriva quelques minutes plus tard :

 

-" Vous etes où ? Je vous rejoins ".

-"Nous sommes au parc devant le lycée, sur le banc pile en face de la sortie"

 

Le cœur s’emballe, le stress monte, les angoisses aussi.

Il se ronge les ongles, fait des mouvements bizarres avec sa tête.

Elle arriva, un jean bleu rentré dans une paire de Doc Martens montantes. Les yeux charbonneux, comme à son habitude, les cheveux blonds et lisses.

Ils se font la bise, encore.

L’après-midi se passa, Lui s’évertuant à la faire rire, le plus possible, c’est son arme de séduction.

Elle riant à gorge déployée, c’est son arme de séduction.

Ils vont voir un film, mais le temps de se quitter arrive.

Il est 19h et le train le ramenant chez lui est à 19h20. Ils se font la bise, la nuit est tombée et la pluie n’est pas en reste.

Sur le chemin le menant vers la gare, son pote lui dit : « Mais pourquoi tu n’as rien tenté ? Ça se voyait que tu lui plaisais ».

Il y crut.

Le voilà faisant demi-tour, partant en courant, bravant la pluie et ses angoisses.

Il manquera de tomber sur une bouche d’égout.

Au bout de plusieurs minutes de course, il se rendit à l’évidence, il ne la retrouvera pas ce soir.

Il fit donc demi-tour, prit son train.

Sous l’effet de l’adrénaline, il osa le coup de force.

Le SMS. « Si je t’aurais embrassée, tu m’aurais dit quoi ? » (échec scolaire, je vous ai dit...).

 

De la gare, il fonce chez ses grands-parents pour un repas de Noël. Il sera incapable de vous dire de quoi seront faites les discussions animant le repas.

Il regardera son téléphone toutes les 4 secondes, chaque vibration due au son trop grave de la voix de son oncle, étant prise pour un message reçu.

Mais rien.

« L’amour est un téléphone qui ne sonne pas », comme disait l’autre.

La fin du repas arrivée, il s’empressa, comme à son habitude, de se connecter sur MSN. Et là :

 

« ****_*****@hotmail.fr // J’ai plus de crédit, je te répondrai sur MSN. »

 

Ce statut MSN lui est-il destiné ? Il lui posa la question. Au début de la conversation, cela ne fut pas clair. Elle était assez évasive. Il prit donc cela pour un non, mais au fil de la discussion, il creusa et se rendit compte qu’elle manque de confiance en elle/Lui. Il ne laissa pas tomber, un rendez-vous fut pris pour le mercredi d’après, dans le même parc que ce jour, sur le même banc.

 

Mercredi 23 Decembre 2005 13h04

 

Il se posta sur le banc, écoutant en boucle Let it slide de No Use For A Name.

Il fait froid, les mains sont gelées, le cœur aussi.

Elle arriva.

Jean slim troué aux genoux, Doc Martens, sweat à capuche.

Pour la suite de l’après-midi, ce fut simple, en quelques mots : Macdo, il tomba son plateau. Rire. Marche. Discussions. Alchimie. Rire. Yeux bleus. Gêne. Parfum.

Il est troublé, elle aussi.

Il pensa à un moment lui prendre la main, mais la garda dans sa poche.

Il fait froid, les mains sont gelées, le cœur se réchauffe.

 

Ils décidèrent d’aller au cinéma.

Assis, ils regardent le film, mais lui n’en suit pas une seule seconde.

Il est ailleurs.

Il se demande ce qu’il doit faire.

Doit-il faire quelque chose ?

Tenter un truc ?

Ça marche comment à la télévision ?

Il aurait fait quoi, Dawson ?

Puis elle, elle veut quoi ? Est-elle intéressée ?

Elle a ri, peut-être que ça veut dire que oui.

Oui, mais tout le monde rit. Bref.

C’est la merde dans sa tête. 

Il garde les mains dans les poches.

Il fait froid, les mains sont gelées, mais le cœur est en ébullition.

Puis il se jette à l’eau, il lui prend la main, il tremble, elle aussi.

Le cœur bat la mesure à 4 temps.

C’est le grand final.

Il se tourne et puis l’embrasse.

Le geste est maladroit. Il est maladroit.

Elle l’embrasse aussi. Ils s’embrassent.

Le film passé sur grand écran n’existe plus.

Le film, c’est eux, la bande originale est écrite, les personnages principaux sont maquillés, c’est le grand final.

Silence sur le plateau, moteur, ACTION !

Ils sortent, se tiennent la main.

Il ne fait plus si froid que ça.

Il prendra son train de 19h20 puis elle rentra chez elle.

 

Quatre mois passèrent...

 

Mercredi 13 Avril 2005

 

Ils s’étaient apprivoisés. Ils vivaient une relation d’adolescents.

Ils prendront l'habitude de souvent se rejoindre sur le même banc que le premier jour.

 

Comme tous les mercredis après-midi, il allait chez elle. 

 

Ils passaient l’après-midi à discuter, écouter de la musique.

 

Elle lui traduisait les paroles des groupes de rock américains.

 

Il lui parlait de ses rêves.

 

Elle lui déposait les mains sur la nuque.

 

Il l’embrassait sur le front.

 

 

Il était 18h45. Il devait partir.

 

Il passa la porte, l’embrassa, fit un pas en arrière pour prendre la route qui menait jusqu’à la gare.

 

Puis il fit demi-tour.

 

Il posa la main sur la porte, l’empêchant de la fermer.

 

Il la regarda dans les yeux.

 

"Je t'aime" lui dit-il d'un ton hésitant.

 

C'etait la premiere fois...

 

 

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Cette histoire d’amour dura quelques temps, mais c'est un détail.

Ils allaient découvrir que rien ne dure, sauf les traumatismes.

Que rien ne reste, sauf les souvenirs.

 

Un jour, elle cessa de le rejoindre sur ce fameux banc.

Un jour, il cessa de lui raconter ses reves .

Un jour, elle ne déposa plus ses mains sur sa nuque.

Un jour, il ne l'embrassa plus sur le front.

 

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Cette histoire, c’est la leur.

C’est la vôtre.

C’est la sienne.

C’est la mienne.

 

C’était hier, aujourd’hui ou demain.

 

 

N’oubliez pas votre premier "je t’aime".

N’oubliez pas le dernier.

Surtout, chérissez le prochain, il est sur le chemin...

 

 

N'oubliez pas de tomber amoureux...

 

 

 

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Syndrome de Diogène

 

J’entasse depuis toujours des milliers d’objets dans ma tête.

Je souffre du syndrome de Diogène.

 

Il y a des billets de concerts de rock des années 2000 déposés dans une boîte à chaussures, des bouteilles de vodka gisent sur le sol, évoquant de vieilles soirées entre amis.

Des dessins offerts par cette fille qui dessine.

Des poèmes écrits à l’encre rouge, des livres de Beigbeder, des cahiers de vacances.

Des partitions de musique juste à côté d’une guitare remplie de stickers.

Une quinzaine de paires de Nike.

L'armoire déborde de baggy, des sweats à capuche et des t-shirts de groupes de punk.

Sur le miroir, accrochés des articles remémorant les gréves "anti FIllon" de 2005, souvenirs d'une revolte adolescente non apaisée.

Des planches de skate cassées en deux.

Des agendas de lycéen remplis de petits mots, de gribouillages, de devoirs jamais faits.

La couverture bleue que j’avais quand j’étais petit, avec les bouts qui piquent, recouvre l’ancien canapé de mes parents, sur lequel je jouais au catch avec mon grand frère.

Le vélo qu’utilisait ma mère chaque matin pour aller travailler est en train de rouiller dans un coin.

Dans une boîte à bijoux, des centaines de bracelets en perles et en tissu de festivals, enroulés autour d’aiguilles de machine à tatouer.

Les murs sont recouverts d’affiches de Dawson, How I Met Your Mother et de Dan Carter.

Le DVD de Linkin Park « Live in Texas » sert désormais à caler le pied d’une vieille table de nuit, sur laquelle reposent 36 calendriers où des dates sont surlignées.

Le tiroir est rempli de lettres d’amour.

Sous le lit défait, des bouteilles d'eau vides et des monstres qui hantent les nuits.

De l'autre coté, bien caché, une boite en bois, cachant des feuilles slim, un briquet et quelques bout de shit.

Des bulletins scolaires mentionnant « avertissement travail et discipline » sont encadrés, comme pour glorifier la médiocrité.

Il reste un bout de sandwich beurre/sucre/Banania, préparé par ma grand-mère, dans le frigo.

Un vieil ordinateur est posé sur le bureau, vibrant encore aux bruits des « wizz » de MSN.

En fond d'écran, cousin Hub', SaÏd et Vinz.

Le clavier repose sur un sous-main, sur lequel mon père écrivait ses pense-bêtes, et sur lequel j’ai un jour écrit l’adresse MSN (le titre d’une chanson de Placebo) de celle qui deviendra ma première petite amie.

Dans la salle de bain, il y a deux brosses à dents, la poubelle est bourrée de boîtes de médicaments vides. Des gels douche remplient d'eau côtoient des bouteilles de parfum Viktor & Rolf. 

Sur le paillasson : " essuyez-vous les pieds avant d'entrer, l'équilibre de la faune et la flore locale est précaire "

Sur la porte d'entrée coté exterieur " bienvenue, ne faites pas attention au désordre" et sur le coté intérieur "n'oubliez pas de laisser un peu de vous, ici rien ne se perd, tout se crée mais se transforme malheureseument avec le temps "

 

Si les murs pouvaient parler, ils vous diront surement qu'ici repose dans le chaos des souvenirs du passé qui structure le présent.

 

J’entasse depuis toujours des milliers d’objets dans ma tête.

Je souffre du syndrome de Diogène.

 

N'oubliez pas de tomber amoureux...

 

 

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Il y aura de l'amour...

Il y aura de l’amour tant qu’il y aura de l’art. Il y aura de l’art tant qu’il y aura de l’amour. Il y aura de l’amour tant que deux adolescents se tiendront la main. Il y aura de l’amour tant que Francis Cabrel, chantera à la radio, à la croisé de deux refrains «  elle sait déjà qu’entre elle et moi, plus il y a d’espace et moins je respire ». Il y aura de l’amour tant qu’il y aura des bancs dans les parcs. Il y aura de l’amour tant qu’il y aura des fous. Il y aura de l’amour tant qu’il y aura des couchers de soleil. Il y aura de l’amour tant que les gens continuent de prendre des risques. Il y aura de l’amour tant qu’il y aura des fleurs. Il y aura de l’amour tant qu’il y aura des révoltes. Il y aura de l’amour tant qu’il y aura de l’accordéon. Il y aura de l’amour tant qu’il y aura des adolescents. Il y aura de l’amour tant qu’il y aura des odeurs qu’on oublie pas. Il y aura de l’amour tant que l’on n'oublie pas. Il y aura de l’amour tant qu’il y aura des couleurs. Il y aura de l’amour tant que l’on donnera nos bracelets pour dire «  tiens, tu auras toujours une partie de moi avec toi ». Il y aura de l’amour tant qu’il y aura des concerts en plein air. Il y aura de l’amour tant qu’il y aura de l’air. Il y aura de l'amour tant qu'il y aura des bibliothèques. Il y aura de l’amour tant qu’il y aura des rêves. Il y aura de l’amour tant que l’on essayera de construire plus de ponts que de murs. Il y aura de l’amour tant que l’on essayera de construire. Il y aura de l’amour tant qu’il y aura des printemps. Il y aura de l’amour tant qu’il y aura des routes, nous menant je ne sais où, à la tombée de la nuit. Il y aura de l’amour tant qu’il y aura des nuits. Il y aura de l’amour tant qu’il y aura des enfants qui jouent dans le sable. Il y aura de l’amour tant qu’il y aura Garorock. Il y aura de l’amour tant qu’il y aura des mots d’amour. Il y aura de l’amour tant que l’on peut s’assoir dans l’herbe. Il y aura de l'amour tant qu'il y aura de la liberté. Il y aura de l'amour tant qu'il y aura des stylos pour écrire sur les bancs des parcs. Il y aura de l'amour tant qu'il y aura des stylos pour écrire. Il y aura de l'amour tant qu'il y aura des arbres à grimper pour voir le monde. Il y aura de l'amour tant qu'il y aura de l'amitié. Il y aura de l'amour.

Il y aura de l’amour tant qu’il y aura des personnes qui portent à bout de bras l’espoir d’y croire toujours.

 

N'oubliez pas de tomber amoureux...

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Relation épistolaire 2.0

En 2024 il est facile de résumer une histoire d’amour par quelques messages extraits parmis des milliers envoyés.
Lorsque nous les envoyons nous ne nous rendons pas compte de l’importance qu’ils ont, pourtant une fois l’histoire terminée, il restera ce vestige du passé.
Ces histoires il faut les classer dans le dossier « archives » de nos téléphones, de nos coeurs, de nos têtes.


L’amour sain existe toujours… quelque part, en voici un exemple, quelques messages pris "au hasard » d’une relation épistolaire, mais pourtant "il n’y a pas de hasard, que des rendez vous" ( P.Eluard) :

Cette histoire a durée quelques semaines, quelques mois, quelques années, qu’importe. A-t-elle vraiment existé?


TOUTES RESSEMBLANCES AVEC DES PERSONNAGES EXISTANTS OU AYANT EXISTÉS SERAIT PUREMENT FORTUITE


«  tu m’as donné ton numéro hier soir. Quelle drôle d’idée, à l’époque où tout le monde donne son Instagram. Je ne sais pas quoi faire de ce numéro, je pourrais t’envoyer simplement «  salut sava depuis ier? »  puis s’en serait suivi surement une discussion chiante sur ce que tu as fait aujourd’hui, à quel point tu regrettes d’avoir autant bu hier soir, ce que tu as mangé à midi. Les small talk ça me fait chier. J’ai plus trop de credit, je peux pas me permettre de le dépenser en te disant à quelle heure je me suis levé ou ce que je vais faire cet après midi. Je vais donc te faire une liste non exhaustive des trucs que j’aime dans la vie.
J’aime quand il est environ 20h46 au mois de mai et que le ciel est rose. J’aime le rose. J’aime les roses. J’aime marcher sur les parties craquelées du trottoir. J’aime les gens qui tombent, les gens qui se relèvent. J’aime les gens, parfois. J’aime l’eau qui pique, voir les gens rirent. J’aime les belles histoires. J’aime RyX. J’aime apprendre des trucs inutiles.
Voila je te laisse avec ça. Tu en fait ce que tu veux, mais fais le bien."


« Tu dors ? "


« Tu dis ça car t’es deg que j’ai raison, va falloir t’habituer mon ptit pote »


« Ferme la!"


«  j’ai bien compris que tu aimais les gens à chaque fois que je te vois t’es avec milles personnes, je n’ose pas venir te voir"


« Ok"


«  tu sors ce soir? »


« C’est laquelle ta pref de Ry X ?"


« où je suis? Je ne sais pas exactement, de là je vois la lune, elle est ronde. J’entends le concert de Alt-J en fond, je dois pas être loin du festival. Il y a pleins de tentes Quechua, j’en déduis donc que je dois être au camping. Mais je vais bien. Je pense à toi »


« Non. »


« Je dors chez toi?"


« Je me sens apaisé quand je suis avec toi."


« Tu as laissé ta brosse à dent chez moi, je te vois essayer de grapiller de l’espace dans mon appartement, dans ma vie, dans mon coeur. Tu vas payer une partie du loyer. »


« Je crois que je t’aime…et je pense qu’il va falloir que tu m’aides car je ne sais plus trop comment on fait. »


« Tu veux passer ? J’ai de l’eau qui pique »


« Tu me fais tellement de bien depuis que t’es dans ma vie c’est une dinguerie. Tu es mieux que LSD, la cocaïne, le crack, les ecstasy, la beuh, le poppers, le sans plomb 98"


« Le noir c’est pas une couleur"


« C’etait incroyable hier soir, merci d’exister... »


« J’ai pris que 2 places, ça sera toi et moi contre le reste du monde"


«  Qu’est ce que tu ressens? »


« Haricots verts/sauce tomate/lardon"


«  Je viens de sortir du taf, j’arrive"


« Je sais que je suis pas facile à vivre parfois, je fais comme je peux. J’ai peur. »


« Je t’aime… »


« Je sais pas, surprends moi »


« Tu perds toujours tout c’est fou"


«  on regarde Les Evadés ce soir, t’es chaud? »


« C’est moi ou il y a un truc qui va pas? Qui ne va plus? T’es bizarre. J’ai peur. Je t’aime... »


« Je peux pas ce soir, on se voit demain »


«Cava et toi? »


« Je fais rien ce soir"


« Je vois pas ce que tu comprends pas? »


« t'es la ou tu dors deja? »

 

"non tkt pas la peine"


«  tu me demandes plus d’espace pour prendre le temps de réfléchir, je ne sais pas ce que ça veut dire, j’ai toujours eu du mal à me mouvoir dans l’espace. À me mouvoir tout court ? Je suis maladroit. C’est dur pour moi de ne pas te voir ou t’écrire. Je sais pas ce que je dois faire. Alors j’essaye de ne rien faire. Tu me manques…Bonne nuit"


« Je passerai demain aprem quand tu seras pas la récuperer mes affaires, je laisserai la clef dans la boite aux lettres »


« Tu sors ce soir ? »


« Ok. Fais attention a toi… »



« Salut, c’est moi. Je vais être plus précis car il y a peut être un nouveau « c’est moi » dans ta vie.
Je suis celui qui aime toujours marcher sur les parties craquelées du trottoir, celui qui met jamais son réveil sur une heure pile, tout ça, tout ça. Cela fait maintenant quelques mois que je ne suis plus dans ta vie, pourtant tu es toujours dans la mienne. Plus d’une manière amoureuse, d’une façon assez chelou à vrai dire. De la rencontre il y a eu l’amour, puis la peine, la colère, la mélancolie et désormais une forme de gratitude. Il est important pour moi de pouvoir désormais te dire merci d’avoir réparé certaines de mes blessures, dont je ne connaissais pas encore l’existence, merci de m’avoir laissé la chance de partager ta vie. Merci d’avoir fait attention à moi. Merci de m’avoir appris des trucs. Merci pour tes conseils, ta bienveillance, ton amour, ton amitié. Merci de me donner la chance d’y croire toujours. Ca pas été facile au début. Mais j’y arrive.
Je pense encore à toi quand j’écoute Alt-J, le soir quand le ciel est rose. Je pense encore à toi en rentrant de soirée, l’ivresse déjà disparu. Je pense encore à toi. Je pense encore à toi quand je vois ta brosse à dent dans ma salle de bain que j’ai du mal a jeter, je ne l’ai pas encore fait, je le ferai bientôt, sans doute. Parce que finalement c’est ça la fin : dire adieu et jeter la brosse à dent.

Je n’attends pas de réponse à ce message, mais si jamais tu te poses la question de comment je vais...
Je vais mieux… » 

 

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Folie, qui es tu ?

 

La folie. Voilà un sujet intéressant, qui m’a toujours fasciné. Enfin, toujours ? Pas vraiment, mais cela fait plus littéraire. J’ai commencé a m’intéresser a la folie vers mes 18/20 ans. Je ne me rappelle plus l’année mais le jour. C’était un vendredi au mois de juin, aux abords de la gare de Bordeaux. Il faisait chaud, très chaud, je venais juste de sortir de la gare et comme souvent à côté de la gare j’ai croisé la misère sociale. Et ce jour la spécifiquement j’ai vu un mec debout parlant dans le vide, mais avec un vrai discours et de vraies pauses dans son discours, comme si il écoutait attentivement une réponse de son interlocuteur.
Seulement voilà, il n’y avait pas d’interlocuteur. Il était tristement seul. De mon point de vue, il était terriblement seul. Je me suis donc dit « bah teh, encore un fou de la gare » et puis je me suis assis quelques minutes pas loin et je me suis demandé « qui suis-je pour décider que quelqu’un est fou ? » Ce n’est pas parce que je ne vois pas à qui il parle qu’il ne parle à personne. Apres tout c’est peut être moi le fou, car je ne vois personne. Apres tout si il voit quelqu’un c’est qu’il y a quelqu’un.
Pourquoi ma vérité serait absolue ? Il était clair que toutes les autres personnes aux alentours ne voyaient également personne, mais sous couvert de « la loi du nombre » nous aurions raison et lui tort ? Je n’aime pas cette loi du nombre, je n’aime pas trop les lois en général. Je n’aime pas les nombres non plus, j’y préfère clairement les chiffres.
Et puis je me suis demandé pourquoi je n’avais pas la faculté de voir cette personne? Mais tant mieux, j’en ai déjà assez de voir toutes les têtes infâmes des gens que je suis censé voir, si en plus je devais me coltiner la caboche de ceux que je ne peux voir, ça serait trop. La veritable folie c’est de ne pas savoir que nous le sommes tous.
Nous sommes tous fous, ou du moins nous sommes tous le fou de quelqu’un. Ne pensez-vous pas être fou lorsque, énervé, vous réfléchissez en quelques secondes à plusieurs manières de tuer quelqu’un ? N’êtes-vous pas fou ? N’êtes-vous pas fou lorsque vous vous fixez dix mots par jours a épeler, mots choisis aléatoirement dans votre journée? N’êtes-vous pas fou lorsque vous vous demandez comment s’appelle cette voix dans votre tête ? N’êtes-vous pas fou lorsque vous pensez qu’elle pense encore à vous ? N’êtes-vous pas fou quand vous pensez que je ne le suis pas ?  Nous sommes aussi fous que ce mec qui parle à quelqu’un que nous ne voyons pas, nous sommes aussi fous que celui qui a pensé pouvoir faire voler un avion. Nous sommes aussi fous que celui qui a voulu aller sur la lune. Nous sommes aussi fous que celui qui a pensé pouvoir envoyer un fichier à l’autre bout du monde en moins d’une seconde, nous sommes juste beaucoup plus cons. J’aime les gens qui par leur folie, le temps d’un instant, me rappellent que je le suis aussi. 
 
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De l'autre coté du trottoir

Comme tout le monde, je marche sur le trottoir. Comme vous sûrement, mais beaucoup plus vite. Parfois je marche sur la route, je suis dissident. Les trottoirs c’est un endroit où tu croises tout le monde. Et surtout personne. Marcher sur un trottoir c’est prendre le risque de s’ouvrir au monde. De croiser des gens que nous n’avons pas envie de croiser. De voir des choses que nous n’avons pas envie de voir. Les trottoirs c’est un réseau social à ciel ouvert.


Aujourd’hui il fait beau, j’ai donc marché sur un trottoir. A la croisée de deux rues, j’ai vu une fille sur le trottoir d’en face, avec qui, il y a quelques années, j’avais partagé une histoire. « Partager une histoire » je trouve ça plus approprié que vous dire que c’est simplement une ex. D’ailleurs des ex je n’en ai pas. Je ne dis que très rarement « c’est mon ex » lorsque je parle d’une fille qui a partagé un bout de ma vie. Je trouve ça réducteur. Ce serait réduire un film simplement à son personnage principal. Ne plus parler de l’histoire mais uniquement de la personne. Bref.


Cette histoire je ne la raconterai pas en détail, je n’en ai pas envie et je pense pas qu’elle en ait envie. D’ailleurs c’était il y a tellement longtemps que maintenant je ne sais plus de quoi elle a envie ou non. C’était il y a longtemps pourtant je n’ai pas oublié. Je n’ai pas oublié ces quelques mois. Cette parenthèse dans nos vies. Je n’ai pas oublié nos projets de voyage. Je me souviens de la date de ton anniversaire. Je n’ai pas oublié non plus nos rires, surtout le tien. Je n’ai pas oublié les musiques que nous écoutions ensemble. Les films que l’on regardait le soir. Je n’ai pas oublié la sensation d’avoir enfin trouvé ce que je ne cherchais plus. Puis, à la fin, la sensation d’avoir perdu ce que je cherchais depuis toujours. Je n’ai pas oublié ton plat préféré, ni la façon, si éphémère fut-elle, que tu avais de me regarder. Je n’ai pas oublié ta musique préférée et tes souvenirs d’enfance que tu m’as fait partager. Je n’ai rien oublié, les « dans quelques mois ou années, nous irons là, puis là, on ira voir ça là-bas, puis ça, puis je te présenterai lui et elle ». Tout ça. Rien ne s’est réalisé sinon je ne serais pas là à le raconter. Je le vivrais.
Des années sont passées, sans nouvelles.

Mais cet après-midi il y a eu une faille dans l’espace-temps, tu étais sur le trottoir d’en face. C’était une route qui séparait nos vies, une simple route. Nos regards se sont croisés et là nous avions tout oublié. J’ai bien lu dans ton regard que tu aurais préféré être obligée de regarder le spectacle d’Anne Roumanoff en boucle plutôt que de m’adresser un mot. Et je n’ai pas fait mieux que toi. Je n’ai pas bougé, j’ai continué mon chemin, me menant je ne sais où. Si il y a quelques années nous avions pu avoir un flash de ce qu’il vient de se passer aujourd’hui, aurions-nous eu la même histoire ? Tout ça pour ça.
Les gens ont trop de facilités à se dire « je ne t’oublierai pas » et s’oublient. C’est peut-être ça la recette du bonheur, pour vivre heureux, vivons dans l’oubli. Croisons-nous, regardons-nous, embrassons-nous, aimons-nous parfois, puis oublions-nous pour toujours. 
A peine le générique de fin terminé, oublier le film entier pour laisser place à un nouveau film.
Ces gens qui partagent notre chemin un jour et qui quelques années plus tard sont séparés de nous par une route. Putain de DDE.
Oubliez la temporalité de cette histoire, j’ai écrit « aujourd’hui » mais en réalité c’était peut-être hier, ou sûrement demain, qu’importe. C’est un détail. Oubliez-le.

 

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Assis sur le rebord du monde

Après un repas arrosé se terminant pile à la bonne heure, je suis sorti, seul. Il était tard mais pas trop, il était tôt mais pas trop, il faisait jour mais pas trop, il faisait nuit mais pas trop, il faisait froid mais trop, il faisait chaud mais pas assez.

Le ciel était rose, les arbres étaient bleus, c’est à n’y rien comprendre. C’était un mélange entre un soir début juin et un matin fin janvier. J’ai pris mon sweat à capuche et je me suis éloigné. Je me suis assis sur le rebord du monde, les pieds qui balancent à un rythme ensorcelant.

J’y ai vu beaucoup de bleu. Pas celui de l’espoir, celui de l’océan. J’y ai vu de la haine anonyme distribuée en 140 caractères et de l’amour stocké dans des stylos-plume. J’ai vu des gens bien rangés sur un escalator et des gamins qui courent n’importe comment et traversent sans regarder. J’ai vu l’humour muselé et l’aversion sur grand écran. J’ai vu un couple adolescent se tenant la main. J’ai vu des cœurs qui n’avaient plus les pieds sur terre et des pieds trop terre à terre. J’ai vu des feux rouges et des plaines vertes, j’ai vu des sens uniques et des carrefours culturels. J’ai vu des gratte-ciel et des mecs qui dorment par terre.

J’ai vu des féministes enragées, trop bêtes pour mener ce noble combat, et des hommes inhumains. J’ai vu des déclarations d’amour enflammées et des déclarations d’impôts. J’ai vu des mots sur des murs, des mots en l’air, des mots d’amour, j’ai vu des mots enrobés, des mots qui riment, des mots envolés, des mots chantés, des mots chuchotés a l’oreille de celle qu’il aime. J’ai vu des mots de passe, des gros mots, des mots enragés, des mots passants. Je me suis vu en train de rire ou pleurer, de me taire ou de chanter, de haïr ou d’aimer, de dormir ou de danser, j’étais trop loin pour en être sûr, mais j’étais en vie. J’ai vu de l’intelligence artificielle et de la bêtise authentique. J’y ai vu une personne seule songer au bonheur de ceux qui ne le sont pas.

J’y ai vu le Code de la route, le Code pénal, les codes postaux, les codes de ta carte bleue, les codes d’entrée, des codes sociaux, beaucoup trop de codes.

 

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Manifeste pour la liberté

Cassez la jambe de celui qui vous marche sur les pieds. Roulez en contre sens. Fraudez. Levez le poing. Criez dans une bibliothèque. Endormez vous dans l’herbe. Ignorez ceux qui vous emmerde. Ecoutez du France Gall. Marchez ivre dans la rue a la levée du jour. Sortez torse nu sous la pluie. Mangez gras. Buvez de l’huile. Partagez votre gouter. Emmerdez . Ne donnez jamais votre vrai nom a la police. Dansez. Chantez les refrains de Starmania. Ne dormez pas. N’ecoutez personne. Soyez têtu et dissident. Echangez votre salive. Roulez au mois de juin, a la tombé du jour, le bras gauche sorti a la fenêtre, en fumant une clope. N’allez nulle part. Allez partout. Ecrivez des lettres d’amours. Prenez des risques. Sechez les cours pour boire des bières dans un parc. Ne lisez pas les manuels scolaire. N’instaurez aucune règle. Apprenez toutes les langues. Nagez dans les fontaines des ronds points. Supportez l’équipe adverse. Allez a un concert d’Alain Souchon. Tenez vous la main. Marchez a gauche du trottoir. Volez les cerises sur le cerisier du voisin. Ignorez le vent. Agissez de façon bizarre. Insistez. Partagez vos blessures. Dites a votre femme qu’elle est belle. Pleurez pour un rien. Souriez pour un tout. Regardez le soleil droit dans les yeux. Soyez ironique et désinvolte. Jetez vos montres et oubliez le temps. Faites pause. Regardez un film de Klapish. Ecoutez la bande originale d’Amelie Poulain en marchant. Imaginez. Créez. Sortez. Baisez. Dansez. Fumez. Touchez. Révez. Aimez et surtout niquez bien vos mères. 

 

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J'aime les filles

J’aime les filles qui fonctionnent à l’envers, celles qui dinent le matin et déjeune le soir, qui sont en sweat à capuche en été et t shirt en hiver.

J’aime les filles qui pleurent devant un film mais qui rient devant l’adversité, celles qui dansent pied nu sous la pluie et se mouchent en faisant du bruit.

J’aime les filles qui rient toute seule et pleurent en public. Les timides volubiles et les égoïstes romantiques. 

Les amoureuses du printemps qui chantent à tue tête dans la voiture à la tombée de la nuit. 

Celles dont le silence est éloquent, qui en ne disant rien disent tout.

J’aime les filles qui marchent du mauvais coté du trottoir.

J’aime les filles qui n’ont jamais beaucoup de batterie, mais assez pour envoyer «  yo fdp tu fais quoi? Je peux venir? Tu me manques ».

J’aime les filles qui se trompent parfois, mais pas d’humain. 

J’aime les filles qui disent « t’es bête » « fils de pute » « nique ta mere » mais qui pensent «  je crois que je t’aime » . 

 J’aime les filles remplies de paraphrases et de didascalies. 

 J’aime les filles qui laissent leur odeur avant de partir.

 J’aime les filles qui reviennent. Les indécises obstinées et les pragmatiques créatives.

J’aime les filles qui renversent leur plateau et qui crient au monde qu’elles l’emmerdent. 

J’aime les filles dures à cuire au coeur mou, celles qui vous mordent la joue et vous embrassent dans le cou.

Celles qui perdent tout le temps au chifoumi et qui n’y rajoutent pas « le puit » . 

J’aime les filles qui parfois perdent la tête et souvent leurs clés, celles qui n’ont pas de demi mesure, qui boivent et pensent trop.

J’aime les filles qui manquent lorsqu’elles ne sont pas la, celles qui ne perdent pas de temps et n’ont peurs de rien mais qui parfois s’effraient. 

J’aime les filles libérées de toutes leurs chaines mais qui se raccrochent a ce fil rouge invisible qui vous lient.

J’aime les filles qui s’assoient par terre, s’allongent dans l’herbe, marchent sur le parquet mouillé.

J'aime les filles qui vous fusillent d'un regard, d'une caresse vous séparent, d’un baiser vous égarent mais d’un seul mot vous réparent. 

N'oubliez pas de tomber amoureux...

 

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